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Signature de l’ancêtre tirée du greffe d’Antoine Adhémar, le 10
octobre 1673 |
Historique de Nicolas
Peltier et des premières générations en Nouvelle-France :
La première famille Pelletier à prendre
souche en Nouvelle-France est celle de Nicolas Peltier (1596–c.1679),
débarqué à Québec accompagné de son épouse Jeanne de Voisy (c.1612–1689)
et de leurs deux fils Jean et François (c.1633–1692 et c.1635–c.1688,
respectivement).
Puisque la première fois que nous trouvons le nom de l’ancêtre est au
baptême de sa fille au printemps de 1637, nous déduisons que Nicolas
Peltier est à bord d’un des trois ou quatre navires de la flotte arrivée
le 11 juin 1636 sous les ordres de Du Plessis-Bochart, qui comprend un
vaisseau porteur de 45 personnes, commandé par Savinien Courpon de La
Tour. L’un des navires de cette flotte est appelé le Saint-Joseph. Dans
cet arrivage d’une centaine de personnes, Marcel Trudel, historien,
identifie 91 immigrants dont Nicolas Peltier, Jeanne son épouse, et leurs
deux jeunes fils Jean et François (Catalogue des immigrants, 1632-1662,
page 62).
Nicolas Peltier est originaire de la
paroisse Saint-Pierre Saint-Paul de Gallardon en Beauce, située au sud-est
de Paris au confluent de la Voise et du ruisseau d’Ocre. L’église de
Gallardon, comme beaucoup de nos édifices religieux, est dédiée à Saint
Pierre et à Saint Paul. Fondée au XIe siècle par Herbert de Gallardon sous
le vocable de la Bienheureuse Vierge Marie, on la consacre de nouveau au
XIIIe siècle. La construction garde l’empreinte de trois époques
architecturales: romaine, gothique et la Renaissance. C’est dans cette
église que l’ancêtre Nicolas fut baptisé le 4 juin 1596.

Photos : ©2005
Collection privée de Pascal Pelletier |
Le couple Nicolas Peltier et Jeanne
de Voisy vit à Québec de 1636 à 1645. Nicolas est maître-charpentier:
en 1639 il fait une expertise des colombages de la maison de feu
Guillaume Hébert avec Pierre Pelletier, charpentier [NDLR : L’identité
de ce Pierre Pelletier reste inconnue; il se peut que ce soit le frère
de Nicolas; chose certaine, il n’est pas le pionnier de
St-Martin-de-Fraigneau qui est encore en France à ce moment-là]; il
construit le comble de l’église Notre-Dame de Québec en 1647; il
construit le toit du Château Saint-Louis en 1648; et il construit
plusieurs autres charpentes de maison ou de granges pendant la
décennie qui suit. Le 12 septembre 1645 le Gouverneur Charles Huault
de Montmagny donne à Nicolas cinquante arpents dans la seigneurie de
Sillery, et la famille s’y est établie très peu après.
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Nicolas Peltier et Jeanne de Voisy
arrivent avec deux enfants, Jean (c.1633–1692) et François
(c.1635–c.1688). Six autres enfants s’ajoutent à la famille: Marie
(1637–après 1711); Louise (1640–1713); Françoise (1642–1707); Jeanne
(1644–1715); Geneviève (1646–1717) et Nicolas (1649–1729). Comme pour les
autres ancêtres (pionniers) Pelletier, les enfants et petits-enfants
s’installent dans différentes régions du Québec et plusieurs vont explorer
l’ouest du continent américain. Deux des enfants tâtent de la vie
aventureuse: François et Nicolas. Le premier fait la traite de fourrure
avec Noël Jérémie, dit le Sieur de La Montagne, qui deviendra plus tard
son beau-frère en épousant Jeanne Pelletier en 1659.
Plus tard, le 22 octobre 1675, François Pelletier dit Antaya achète de
Philippe Gauthier de Comporté la seigneurie d’Orvilliers sur le fleuve
Saint-Laurent (fief d’Orvilliers d’une demi-lieue de front sur une lieue
de profondeur). François lègue la moitié du fief à son fils Jean-Baptiste
dit Pierre Pelletier dit Antaya (1676–1757), puis 1/10 chacun à ses autres
enfants : Michel (c.1674–c.1744), Marguerite (1666–????), Marie-Angélique
(1662–1741), Geneviève (1668–après 1716), et Catherine (c.1672–après
1716).
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La mairie de
Gallardon vers 1900
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La mairie de
Gallardon, juillet 2005
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Nicolas Peltier dit Marolles, fils cadet du pionnier
Nicolas, habitera le poste de Tadoussac, puis sera le premier homme blanc
à s’installer en permanence au Saguenay–Lac Saint-Jean. Claire Domey, dans
son roman « Ilinishu » (roman inspiré de « l’Histoire du Saguenay »),
raconte la vie de Nicolas Peltier dit Marolles et de son fils Charles
(1679–1741) – dit Ilinishu dans le roman – et leur vie de pionnier au Lac
St-Jean. Arthur Buis imagina un personnage fantastique et se demande si ce
Pelletier était un « coureur des bois », un philosophe ou un ermite.
Voici un texte tiré de « l’Almanach historique du Saguenay », paru dans le
Quotidien de Chicoutimi en juin 1988. « Personnage original, Nicolas
Peltier vécut au Saguenay dans un lieu qui conserva son nom. En effet, sur
la carte de la partie du Domaine des postes du Roy, visitée en 1732 par
l’arpenteur Joseph-Laurent Normandin, on indique qu’à 183 milles du Lac
St-Jean se situe l’établissement de M. Peltier. » Par contre, Nicolas
Peltier ne suscita pas la même admiration chez tout le monde. Mgr Amédée
Gosselin se fit même très sévère à son égard. « Il n’était ni un
philosophe, ni un ermite, mais un coureur des bois, un commis de messieurs
les intéressés et, ce qui est plus grave, un Canadien-français devenu
sauvage de mœurs. »
Nous terminerons par une pensée tirée de la conférence que Mme Mona
Gauthier nous donnait lors du 2e Ralliement de l’Association des familles
Pelletier à Laval en 1988. Faisant une promenade en raquette dans la
banlieue de Saint-Fulgence, alors qu’elle admirait le beau paysage, elle
dit: « Je voulais savoir quel avait été cet homme qui avait pu admirer
comme je le faisais maintenant la magnificence du Saguenay à cet endroit
où il se perd entre les montagnes après avoir formé la célèbre Baie des
Ha. » Oui, elle nous livre dans cette conférence sa recherche du
personnage qui, sans s’en douter de son vivant, laisse son nom à un lieu
aussi poétique que cette « Anse-à-Peltier ».
Claude E Pelletier, m.g.a. et Laure Gauthier, m.g.a.
Texte révisé par Benoit Pelletier Shoja, octobre 2005 |